Terrain propice aux débats autant qu’aux ébats (celle ci était facile, je te l’accorde), la couette reste un territoire que l’on partage plus ou moins aisément suivant la circonstance.
Sous ces airs chaleureux, elle devient rapidement pour le couple un objet de convoitise, une conquête nécessitant parfois l’élaboration de stratégies froidement manigancées. Petit guide de survie en ce lieu prétendument non hostile.
Le choix du terrain :
On ne le dira jamais assez, mais il ne faut jamais, ô grand jamais, négliger la phase de reconnaissance. L’avantage du terrain, on vous en parlera dans tout bon film de guerre ou dans tout bon livre de Max Gallo sur sieur Napoléon.
Soyons clairs : vous ne voulez pas être collé(e) au mur, ni être trop près de ce bruyant réveil et encore moins trop loin du chauffage.
Cette phase de repérage est essentielle à la réussite des opérations suivantes.
Vos objectifs :
Soyez méthodiques et implacables, identifiez les symboles du pouvoir et focalisez votre attention dessus.
On aurait en effet tord de se concentrer sur la seule couette, qui bien que non négligeable, n’est pas une condition de victoire suffisante.
L’interrupteur de la lampe de chevet est le sceptre donnant le tempo, sa maitrise vous octroie le pouvoir de décider du début et de la fin de la partie.
Il y a toujours un bon et un mauvais coussin, que cela soit dit. Si vous êtes l’invité, vous devez savoir que le bon coussin, c’est celui de l’autre. Si vous êtes l’hôte, abusez l’ennemi en lui vantant votre sens du sacrifice et votre générosité tout en lui tendant ce coussin beaucoup trop dur/mou/petit pour votre petit cou mais tout à fait adapté à sa morphologie.
De l’art du timing :
Une couette, c’est un truc potentiellement chaud recouvrant un matelas certainement froid. Vous auriez donc tord de penser que le premier arrivé sera le premier servi.
Sachez trouver l’échappatoire béni au moment du coucher (brossage de dent, douche, dernière clope, pause pipi) et prétextez une envie de câlins pour vous établir sur la partie chauffée par votre conjoint et le faire glisser discrètement vers l’espace vide (et donc froid) qui vous était initialement destiné.
Oui, c’est vil et mesquin, mais j’avais prévenu.
Osez l’embuscade :
Il peut arriver que malgré votre bonne volonté vous vous retrouviez en position de faiblesse lorsqu’il s’agit de laisser le marchand de sable faire son office. Rassurez vous, rien n’est perdu, avec un peu de fourberie, vous devriez réussir à récupérer votre havre de sommeil.
Amis au sommeil léger, profitez d’une sortie fortuite du lit de votre compagnon pour reprendre discrètement la place bénie, l’important étant qu’à son retour vous ayez l’air tout a fait endormi(e), s’il ou elle a un cœur, vous ne serez pas incommodé(e).
Le truc en plus : faites lui boire force eau avant le coucher, c’est important de boire de l’eau vous savez.
Enfin, je sais, certain(e)s regretteront le romantisme d’une nuit agréable blottie dans les bras de l’être cher, les vertus d’une vie simple faite d’amour et d’eau fraiche blablabla… Ceux ou celles ci crieront au scandale et me pointeront du doigt, mais encore une fois, que celui ou celle qui par excès de galanterie n’a jamais attrapé un rhume me jette la première (petite) pierre (aïe).
PS : ce titre est une incitation à découvrir Ghinzu, le meilleur groupe de rock belge du monde.
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