Prospectivite

22 août, 2009

Le texto de trop

Posté par: Guewen Dans : Ce n'est pas Ted, c'est Robin

Dans notre formidable monde d’hyperconnectés, bien avant twitter, et bien après le fumeux Tam Tam, le SMS (qu’on appellera ici texto) a une place toute particulière.

Un texto s’écrit le plus souvent seul, et n’est généralement lu que par une seule personne.
Partant de là, c’est la porte ouverte aux discussions les plus intimes, tout en offrant ce côté non-live qui permet à l’auteur de peser le poids de ses mots et de les choisir avec discernement, et au lecteur d’interpéter la signification desdits mots avec discernement lui aussi.

Attendu que le discernement est une notion tout à fait relative (fortement influencée par l’heure, le taux d’alcoolémie, le contexte et autres joyeusetés), que notre belle langue française est plutôt fournie en matière de mots à double sens, et que trois petits points bien placés sont souvent bien lourds de sens et ouvrent des possibilités infinies d’interprétation, bref, attendu tout ça, le texto est par essence un jeu terriblement dangereux.

En tant qu’expert reconnu du texto de trop, permettez moi de vous dresser une petite liste de ceux qui peuvent vous amener à de grands moments de solitudes (dans tous les sens du terme).

-Celui où tu pensais qu’il y avait un message caché mais pas du tout :
A trop essayer de trouver du second degré, des allusions diverses et variées, forcément tu finis par partir en vrille et à répondre complètement à côté de la plaque un truc super tendancieux.
La solution là, c’est justement le double sens, sauf qu’il faut bien avoir en tête les 2 sens, pour pouvoir se cacher derrière le moins génant le moment venu, et jouer l’esprit pur et innocent lorsqu’on t’expliqueras l’autre sens, celui qui te rappellera une chanson d’Ophélaï.

-Celui du survivor :
Envoyé à tes compagnons de soirées rentrés plus tôt que toi, histoire de leur montrer ce qu’ils ont raté, et à quel point t’es un djeun’s qui mouve son body dans la night.
Le problème de ce texto, c’est qu’il n’est jamais tout seul, et que ses sucesseurs perdent en cohérence et en orthographe ce que tu gagnes en fatigue et en taux d’alcoolémie. Ajoutes à ça que si tes potes étaient partis, c’est parce qu’ils voulaient dormir ou être tranquilles et d’un coup, t’es lourd.
La solution ? Y a en pas vraiment, t’avais qu’à pas laisser ton cerveau à l’entrée du bar et l’oublier en ressortant.

-Celui qui aurait pu être magique mais pas du tout :
Après une bonne soirée pleine de charme avec quelqu’un du sexe opposé, à se dragouiller gentiment sans jamais aborder le sujet de front, conclue par une sage bise et un à bientôt des plus prometteurs, tu te sens obligé d’envoyer un texto sur le chemin du retour.
Le problème c’est qu’après avoir contourné le sujet pendant quelques heures, t’es au bord de l’implosion, et que tu te sens obligé de glisser quelque allusion subtile mais ô combien frontale.
Et là c’est le drame.
La solution : appeler ton ou ta meilleur(e) ami(e) pour qu’il ou elle te dise de ne pas le faire. Ces trucs là, ça marche que dans les films avec Hugh Grant ou Meg Ryan de toute façon.

-Celui qui est parti alors qu’il aurait pas du :
Merveilles d’ergonomie et d’usabilité, les téléphones portables et vos doigts potelés prennent parfois le pas sur la raison, lorsqu’ils décident d’un commun accord d’avoir le bouton « envoyer » pile poil où il faut pas (à savoir à côté du bouton « effacer »), et d’appuyer dessus alors que tu souhaitais justement l’effacer ce mot un peu trop lourd de sens.
S’en suit une vaine tentative de coupure du portable, de grands yeux éberlués, un « nononononononon » répété ad lib et des mails d’insulte au service technique de Nokia.
La solution, c’est d’écrire le message avant de choisir le destinataire, tout simplement.

-Celui qui est vraiment de trop :
Parce qu’au final, parfois il vaut mieux passer un coup de fil que de se réfugier derrière un écran, même portable, faut bien se le dire.

Personnellement, j’essaye de me soigner, et à part quelques rechutes quand mon meilleur ami part en vacances 15 jours dans des contrèes où le GSM n’a pas sa place, ça se passe presque bien.

Voir aussi :


5 Commentaires pour "Le texto de trop"

1 | Sylvain

août 24th, 2009 à 14 h 09 min

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putain tu viens de resumer mes pires loose de ses 5 dernieres annees … Il faut bannir le texto !

2 | ZaZouu

août 27th, 2009 à 10 h 55 min

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Je rajouterai la partie du reveil le lendemain, petit tour dans « messages envoyes » et les « noooooooooooooon j’ai pas envoye xca tout de meme! ».. erf

3 | Clémentine

septembre 8th, 2009 à 20 h 54 min

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Et celui qui parle de quelqu’un, qui est destiné à quelqu’un d’autre et qu’on envoie par étourderie à la personne mentionnée ? Suis-je donc seule à avoir loosé de la sorte ?

4 | Guewen

septembre 9th, 2009 à 20 h 40 min

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@Sylvain : je suis contre le bannissement, ça fait parti du jeu. Et parfois ça paye, quand même. Et puis si la personne en face n’interprète pas comme il faut, c’est un peu que c’était pas la bonne, queuh même.

@ZaZouu : le lendemain c’est ma partie préférée, comme le reveal d’un film à suspens.

@Clémentine : Tu n’es pas seule, rejoinds le club, ami(e)s du texto de trop, levez vous !

On reparlera de cette histoire dans pas longtemps (oui, je suis un ouf du teasing).

5 | Cécile

octobre 5th, 2009 à 12 h 58 min

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Ca me rappelle une partie de Chifumi devant chez Regine un certain soir où tu avais frolé le texto de trop de très très près…

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Parce que je suis un grand bavard tout seul dans ma tête, et qu'à la fin, j'en ai assez de me demander pourquoi.