Je ne suis pas un grand amateur de cinéma en salle, d’une part parce que je trouve ça hors de prix, mais aussi et surtout parce que je me sens bien mieux vautré au fond d’un canapé avec mes cigarettes, un frigo, une couette et autres joyeusetés qui font le confort d’un habitat moderne.
J’ai cependant succombé aux charmes de la bande annonce du Concert (et surtout à ceux de la fille aux chaussures rouges, je te l’accorde).
Le film a cela de déroutant qu’il oscille constamment entre comédie burlesque post soviétique et drame un chouilla patos. Ça donne des moments vraiment drôles au milieu de récits larmoyants, sur fond de chute de communisme et surtout d’une bande son de qualité.
Le cinéma et ses bandes originales ont le mérite de pousser à nos douces oreilles des airs classiques, composés pour l’occasion ou utilisant à volo un fond musical libre de droits.
Le Concert est quant à lui porté par des versions orchestrales de quelques classiques du genre et des compositions d’Armand Amar, avec pour point d’orgue le concerto pour violon en Ré Majeur de Tchaïkovski en version raccourcie.
Le réalisateur a osé le pari risqué de construire le dernier acte du film autour de ce fameux concerto, sans que cela choque puisqu’il y glisse des éléments nous épargnant quelques longues minutes de reveal et autres épilogues.
Si en soi ce concerto est déjà monstrueusement jouissif, la qualité de l’interprétation par l’orchestre et la soliste (Sarah Nemtanu ?) conjuguée à la puissance sonore qu’offre un cinéma rendent ces dernières minutes très prenantes, on regrettera presque la voix off qui continue le récit.
Le côté dramatique du film est construit autour de ce fameux concerto, de cette fameuse recherche de l’harmonie parfaite. Je ne m’y connais pas assez pour certifier que l’interprétation et la production soient vraiment bonnes, mais au fond de mon fauteuil, j’ai été pris au jeu, voire plus.
Cela m’étonnera toujours que des types se soient mis un jour à penser et écrire des œuvres si monumentales, à tous les points de vue. Cela m’étonnera toujours que d’autres dépassent la difficulté technique pour interpréter ces partitions de manière si magistrale.
J’ai beau te proposer ci et la quelques sélections contemporaines, onduler mon booty à des concerts, m’égosiller régulièrement sur du East 17, gratouiller la guitare, tâtonner du piano, slapoter la basse et tapoter de la batterie, tu me mets un violon qui envoie avec ses petits copains et je deviens un loukoum avec les yeux qui brillent.
Le film pourrait être bancal, il finit par plutôt bien marcher, moi il m’a donné la furieuse envie d’abandonner pour quelques temps Atlantic Records, Epitaph ou Geffen pour Deutsch Grammophon, de là à ce que tu me croises à Pleyel, il n’y a qu’un pas.
Désolé pour cet interlude téléramesque, mais après avoir ri sur un simple « coucou« , il fallait que je sois un peu poétique.
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