Prospectivite

16 août, 2009

Etude de texte : You Give Love a Bad Name

Posté par: Guewen Dans : Etude de texte

Je t’avais prévenu que j’allais commencer à écrire sur tout et n’importe quoi, je t’interdis donc de porter plainte, même si ce soir je vais faire un truc que certains qualifieront d’illégal (tu vois comme je suis trendy, j’utilise les expressions à la mode) car oui, nous allons bien faire une étude de texte sur une chanson de Bon Jovi.

Mets toi donc en situation, montes le son, enfiles ton casque (si tu as une réputation à tenir), cales toi au fond de ton fauteuil et imprègne toi de ce joyaux de Bon (je peux l’appeler Bon ?) : You Give Love a Bad Name.

Un peu de contexte déjà : on a tous entendu ce morceau, et pour ma part, c’est How I Met Your Mother et la compile de Barney qui m’ont remis cette petite perle à l’oreille. Pour aller plus loin, le morceau figure sur le troisième album de Bon Jovi, au titre évocateur et diaboliquement rock’n'roll : Slippery When Wet (un bon point à quiconque me donne la signification philosophique d’un tel titre), il date de 1986 (ce qui est dommage car jamais on ne l’entendra à une We Are The 90s).

Avec un peu de bon sens, les 30 premières secondes du morceau sont à peu près tout ce qu’il y a à en sauver :
Shot through the heart
And you’re to blame
You give love a bad name

Sents la puissance du choeur, magnifié par la subtile reverb :  ce n’est pas une chanson, c’est un hymne.
Et c’est un hymne masculin, car oui, nous aussi on a un petit coeur qui peut souffrir, on a beau s’appeler Bon Jovi, avoir des cheveux blonds, longs, sales et un blouson en cuir douteux, on a aussi envie de crier à la face du monde notre rage.

Après le petit solo d’intro (on fait du rock’n'roll, faut pas non plus déconner), le gimmick de couplet donne à la souffrance de Bon toute la place pour s’exprimer, et juges en, c’est éloquent :
An angels smile is what you sell
You promise me heaven, then put me through hell
Chains of love got a hold on me
When passions a prison, you cant break free

C’est éloquent, et en plus il y a du style : une analyse du rythme des vers plus poussée serait intéressante (si tu es expert en la matière, je t’en pries) . Notes aussi l’intérêt d’un bon dictionnaire de rimes (on ne le dira jamais assez).
En y regardant de plus près, c’est relativement manichéen dans l’approche : les anges, le paradis, l’enfer, la prison… on constate aussi toute la sensibilité de Bon, voire sa naïveté, clairement, c’est lui la victime.

Petit pont, ou pre chorus (c’est selon) :
Youre a loaded gun
Theres nowhere to run
No one can save me
The damage is done

Là, un esprit averti appréciera l’influence qu’a du avoir Marc Lavoine auprès de Bon, si on s’en réfère au hit de 1985 Elle a les yeux revolver , regardes donc :
Elle a les yeux revolver, elle a le regard qui tue
Elle a tiré la première, m’a touché, c’est foutu

Incroyable non ? Marc et son brushing nickel, son jean moulant et ses chemises fluo, discutant de love avec Bon Jovi à l’été 1985, Bon Jovi rentrant chez lui et composant You Give Love a Bad Name, comme une réponse, c’est complètement improbable, mais l’allusion est quand même surprenante, tu m’accorderas donc le bénéfice du doute.

Deuxième couplet :
Paint your smile on your lips
Blood red nails on your fingertips
A school boys dream, you act so shy
Your very first kiss was your first kiss goodbye

Là on comprend un peu mieux ce qui l’a fait craqué le Bon :  des lévres bien glossées et un vernis à ongles rouge, une timidité touchante, Bon Jovi est un homme après tout.

Et après ? Mais c’est tout, tout est dit voyons, on remet quelques refrains, on tape dans ses mains, on plaque un solo (c’est du rock je t’ai dit) et on s’en va, 3 minutes et 42 secondes, c’est déjà 12 secondes de trop pour un hit FM.

Si on résume donc, globalement, You Give Love a Bad Name, c’est juste l’histoire d’un type un peu trop sensible et naïf qui se fait abuser par une blonde (je suis sûr qu’elle est blonde) un peu trop maquillée.

Une dernière remarque quand même (oui bon ok, j’ai peut être regardé un peu trop d’épisodes d’HIMYM ce week end) : quand on connait un peu l’ami Barney, c’est quand même étonnant que sa compile contienne un morceau où la sensibilité masculine est mise à si rude épreuve, preuve que même chez lui, il y a un petit coeur qui bat (j’en suis à la moitié de la saison 2 donc pitié, pas de spoiler).

Voir aussi :


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Parce que je suis un grand bavard tout seul dans ma tête, et qu'à la fin, j'en ai assez de me demander pourquoi.