Prospectivite

31 août, 2009

De la poussière, du bruit et de la sueur

Posté par: Guewen Dans : Musique

Avant un mois d’octobre épique (Archive, Ghinzu, Beat Assaillant, Pixies, Phoenix en moins de 15 jours), et pour cloturer cet été sur 4 jambes dignement, j’ai passé mon week end dans la poussière et le bruit, avec d’autres amoureux du rock près de la seine.

Je n’avais jamais participé à la grande kermesse rock parisienne, j’avais même refusé des invits à Rage Against The Machine l’an dernier (si toi aussi tu veux me dire que je suis un sombre idiot, fais toi plaisir), cette année j’ai même pas cherché à lutter vu la programmation, et ce n’étaient pas une paire de béquilles et une montagne de boulot qui allaient me priver  d’un de mes rares week end de détente de l’été.

Le soleil était au rendez vous, les gens aussi visiblement, et commencer le festival par les Yeah Yeah Yeahs et leur cinglée de chanteuse était plutôt idéal. Première bonne surprise, le son a été globalement très bon sur toutes les scènes, sauf rare exception (on y reviendra), et pourtant avec le rock à tendance bruitiste de la bande à Karen O c’était pas gagné. Des strass, un micro jeté par terre, un batteur qui tente tant bien que mal de tenir la barraque, du rock comme je les aime, brut, actuel, jamais lisse, une très bonne entrée en matière donc.

Madness, c’était étrange, comme tous ces vieux groupes dont on connait le nom et quelques morceaux mais pas plus, et même eux, ils ont expédiés « One Step Beyond » d’entrée, genre ça, c’est fait. Après, vu l’ancienneté et les multiples reformations du groupe, y a quelques morceaux que je connaissais sans savoir que c’était eux. Au final, du rocksteady en toile de fond de plusieurs styles, fonction des époques, le tout joué avec une certaine classe et quelques effets spéciaux, marrant.

Entendu Vampire Weekend de loin, propre, plutôt léger et festif, Vampire Weekend quoi, pas trop ma tasse de thé,  surtout en live. Le gros de ma soirée c’était plutôt Bloc Party, forcément.
Là je me permets de faire une autre remarque d’ordre général : les lumières aussi était globalement plutôt top, avec quelques installations vraiment classes sans être des montagnes de mécanique. Je dis ça bien que Bloc Party c’était plutôt classique de ce point de vue, mais diablement efficace.
Avec eux j’en étais resté au premier album, sans avoir été convaincu de la suite, et en live je me suis vraiment dit qu’il fallait que je m’y mette un peu plus, de quoi vous retourner une foule, et avec le sourire, un bon mix des morceaux des différents albums, un chanteur qui donne vraiment et un putain de batteur (désolé, je suis vulgaire, mais il le mérite).

Je passerai sur Oasis, j’étais pas venu pour eux, et puis  au final c’est pas étonnant, Damon aurait jamais fait ça lui. Si on considère que l’orga va me rembourser 15 euros, j’y vois que du bon en fait. Les courageux Madness referont un set sur l’autre scène (un peu couillu en terme d’orga, et vraiment classe).

Fin de soirée sur Vitalic, on félicitera son pote aux lumières parce que rendre un live vivant (c’est le cas de le dire) quand on a juste un type inexpressif au possible sur une grande scène devant ses machines, c’est une belle perf.  Set super efficace, avec beaucoup de nouveaux trucs j’ai eu l’impression, il manquait cette petite touche old school qui m’a fait aimé OK Cowboy, mais très bien en clôture de cette première soirée.

Je vous passe le retour en scooter par Versailles, Sèvres, Meudon puis Boulogne, mais vous dirai juste de ne jamais faire confiance à un roux qui vous dit qu’il sait où il va, surtout quand c’est lui qui conduit.

Samedi c’était un peu ma journée, du genre de celles qui vous rappellent à pas mal de bons souvenirs.
Confirmation scénique pour The Asteroids Galaxy Tour, un mix de vieux son des la fin des années soixante, avec un groove de ouf et un brin d’electro, ravi de les voir sortir un album et de les revoir fin septembre au Nouveau Casino, de quoi vous donner le sourire pour toute la journée.

Dans le genre beaucoup plus énervé, ambiance Punky Brewster sous acide 20 ans après, Ebony Bones était plutôt pas mal, même si j’ai trouvé ça un peu too much au final, avoir de l’énergie c’est cool, mais elle était limite chiante à force de brailler sur tout le monde la demoiselle.

Vendus avec des étiquettes comme Fugazi, At The Drive In ou Sonic Youth, les Dananananaykroyds avaient tout pour plaire, et ils l’ont été, plaisants. 2 batteries, 2 guitares, 2 chanteurs et un bassiste, une énergie de dingue, une décontraction à toute épreuve et un truc qui fait du bien en ces temps un peu mornes : de la sincérité. Une vraie bonne découverte, et pour une fois, des étiquettes qui collent bien, à découvrir sur CD pour avoir un son un peu plus propre, vraiment.

Enchainer ces fous d’écossais avec Billy Talent, c’était une autre excellente idée,  même si le set était le même que celui vu avant l’été du côté du Trabendo, c’était quand même bon, la machine est terriblement bien rodée, diablement efficace, de quoi vous donner l’envie de vous faire pousser les pattes et la banane. J’ai toujours pas chopé leur troisième album, faut que j’y pense.

The Offsprings, ça me rappelle tellement le collège, on connait tellement les paroles, que ça a mis tout le monde d’accord et de très bonne humeur, que ce soit devant la scène ou bien plus loin derrière, diablement festif au final, même si on a senti le chanteur un peu blasé, fatigué, ça fait du bien de chanter à tue tête les refrains de notre adolescence.

J’avais adoré Calvin Harris l’an dernier au Trabendo, avec ses musiciens au taquet et des morceaux moins plats que sur l’album, y a pas à dire, jouer de l’electro avec de vrais instrus et une paire rythmique qui groove, ça change une vie. J’ai un peu moins aimé sa prestation à Rock en Seine, beaucoup plus electro justement. Alors certes ça rend le truc encore plus dancefloor, mais ça me fait moins vibrer moi, même si j’ai ondoulé mon body du mieux que j’ai pu. A revoir dans une plus petite salle sans doute.

Un autre truc qui me rappelle une autre époque et un vieil ours brun, c’est Faith No More, et Mike Patton. Ils ont beau avoir pris un sacré coup de vieux, le set a eu beau être trop court pour leur permettre de balancer tout ce qu’ils avaient fait de bon, c’était quand même un moment rare, donc précieux, de quoi finir d’achever ma voix sur « We care a lot ».

Fin de soirée sur Birdy Nam Nam, là encore des gens qui gagnent vraiment à être vu en live, et qui savent retourner un public comme il se doit. Impressionnant techniquement, j’ai eu beau essayé de comprendre, j’ai pas tout saisi, mais parfois faut juste se laisser porter. Dont acte.

Forcément après une journée comme celle ci, il devient difficile d’être présent le lendemain à 14h30, j’ai donc raté Metric, si quelqu’un a la bonne âme de me raconter, je suis preneur, et puis commencer par Eagle Of Death Metal, c’était tout de même pas trop mal.

On savait qu’on verrait Josh Holmes, on l’a juste apperçu pendant le set des EODM, mais il n’a pas manqué.
Ca fait du bien du bon rock, simple, un peu salace, avec des sourires et des moustaches, une sorte de classe, qui donne juste envie de hocher la tête, sans avoir à se démonter le cou parce que c’est pas l’idée, non, là il s’agit juste de faire sonner les guitares autour d’une rythmique bien lourde et saturée. La classe, j’vous dis.

On enchaine avec la surprise qui n’en était pas une, Les Petits Pois aka Them Crooked Vultures, avec son casting de rêve… et son son tout pourri. Se payer un bassiste et un batteur mythiques OK, mais s’endormir sur le woofer, c’est un peu dommage, surtout quand on ne connait aucun morceau. Alors oui, on a senti du très bon, des airs de Queen of the Stone Age des premiers temps, du riff en veux tu en voilà, des breaks de batterie de partout (voire un peut trop de partout en fait), une voix de ouf, mais c’est dommage de ne pas soigner un peu le son. Ca m’empéchera pas d’y jetter une oreilles attentives dès qu’il y aura quelque chose à se mettre sous la dent, mais un peu déçu quand même.

Au contraire, un truc qui m’a plutôt agréablement surpris, c’est MGMT. J’étais resté sur des images de lives un peu nianians, et j’ai découvert un vrai bon groupe de pop avec juste la couche d’électro qui va bien, et vu la palanquée de tubes dont ils disposent, quand ça sonne bien et que ça joue bien live, c’est vraiment agréable.
Faut croire que la jeunesse était à l’honneur (dit il du haut de ses 28 ans) vu la prestation des Klaxons. Bien rôdée, bien punchy, propre, pro, s’il n’y avait eu le clou du spectacle, je serai bien resté un peu plus.

Car oui, mon petit clou du spectacle à moi c’était quand même Prodigy, parce que là aussi on en connait un bout, parce que le son et les lumières étaient vraiment énormes,  que faire bouger un public jusqu’à 500 mètres devant la scène c’est quand même génial et que ça ponctue un excellent week end de manière parfaite.

J’aurai sans doute eu quelques courbatures après ce week end si je n’avais eu mes béquilles, j’aurai sans doute eu un peu plus mal aux oreilles aussi, parce que c’est aussi pour ça qu’on aime le rock, pour la poussière, le bruit, et la sueur.

Voir aussi :


1 Commentaire pour "De la poussière, du bruit et de la sueur"

1 | Goerger Hervé

septembre 1st, 2009 à 15 h 24 min

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Que rajouter ? Du bon, du bon, encore du bon.
J’ai été scié trois jours durant, et pourtant, j’ai eu moi aussi ma tournée des festivals, d’Angoulême à Montréal en passant par Belfort et Colmar.
Des débuts de journée très agréables, même si, à mon goût, ça commençait trop tôt -à peine le temps de manger qu’il fallait se faire tout Paris, de droite à gauche, et en fin d’été, les déjeuners familiaux durent…-

Première journée: Keane, Yeah Yeah Yeahs, Amy Mc Donald, Vampire Week-end, *Bloc Party* & Vitalic. Une playlist de rêve pour mon baptême du festival (V-W, quelle gueule d’ange ! Qui l’eût cru ? Peut-être même un peu trop…). J’aurais quand même fait 7000 kilomètres pour Bloc Party. Et j’ai A-DO-RÉ. Kele était drôle, vivant, m’a rendu heureux. Et ça, à vingt mètres de distance en moins de cinq minutes, pas grand monde peut le faire. Ils ont finalement clos ma soirée, aucun regret pour Oasis -mais merci pour les quinze euros-, et Vitalic, même s’il « joue » bien, n’a pas su relever le niveau de B.P. À mon goût.

Deuxième journée: Cheveu -pas top, niveau son…-, T.A.G.T, Dananananaykroyds -trop fort !-, Ebony Bones – ZE costume du festival !-, Billy Talent, The Horrors, Offspring, Yann Tiersen, C.Harris & Birdy Nam Nam (Nam Nam ?!). Des découvertes très festives et agréables, où il a fait bon bouger, ainsi qu’à Billy Talent, mais The Horrors et Yann Tiersen m’ont déçu: ce musicien de talent relégué sur la petite scène pourrie (oui, oui), ça cassait tout. Pas la magie d’un public, d’une ambiance. Puis le mettre en même temps qu’Offspring… à cette heure là, les artistes semblaient chanter… parce qu’on leur avait demandé ! Sans joie, sans vie. Même Offspring, mais bon, ils sont un p’tit peu vieux pour s’éclater sur scène. En revanche, Harris et B.N.N, ça pétait. Une soirée close avec brio… ça change tout, d’être dans les premiers rangs !
* Dommage pour les dédicasses de Birdy Nam Nam. :( *

Enfin, dernière journée: Metric, Macy Gray, Eagles of Death Metal, les Petits Pois, MGMT, The Prodigy. Petite déception pour Lilly Down & The Prick que je n’ai pas pu voir… pour une dédicasse de MGMT… qu’il fallait prendre des heures à l’avance ! Et à peine une cinquantaine de pass, c’est dire. Mais j’en aurais eu deux, nananèreuuh. Un rapide passage sur Metric, du bon rock, largement à la hauteur du début de journée. Les Eagles, avec leur peigne, étaient hilarants, mais loin de se contenter de nous faire rire, ils nous ont déchaîné avec une musique explosive. Rien à voir avec les Petits Pois, la fausse super surprise… Y a pas les mots pour décrire la déception. J’aurais mille fois préféré squatter les premiers rangs de MGMT, excellent, malgré le jeune chanteur un peu distant du groupe.
Le mot de la fin est pour Prodigy: JE SUIS VIVANT ! Dans les premiers mètres, on a des doutes. En plein dans l’ouragan humain… Terrible, terrible, terrible. Je me suis lacéré le cou, les homoplates et la colonne vertébrale. Mais tous, on l’a vécu à fond. Indescriptible. *Hey, on a même pu toucher le chanteur ! À peine 50 centimètres, hé !*

En somme, un festival époustouflant, loin devant ceux des années précédentes, qui immortalise mon été. Ma nouvelle référence en matière de qualité de programmation éclectique, pour l’été 2010. :-)

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