Prospectivite

01 nov, 2010

Celui qui voulait écrire une nouvelle

Posté par: Guewen Dans : Note interne

Quand tu te dis que tu commences à écrire un blog, tu te mets une espèce ce pression à toi même, surtout quand tu te poses un peu trop de questions, comme moi. Là concrètement, en ce moment, je me dis que j’abuse, que je devrai écrire plus souvent, y a parfois des gens qui viennent, quand même, tu déconnes quoi. Bref.
On avait déjà parlé de mon penchant psychopate par là.

Parce que je suis un peu maso, et surtout parce que ça faisait longtemps que ça me titillait le bout des doigts et m’occupait les insomnies, je me suis mis en tête de participer à un concours de nouvelles.
C’était y a presque un an, le concours n’était pas contraignant sur le thème, la longueur et le pedigree à afficher, alors je me suis dit que c’était la bonne occaze de me lancer. Je me suis inscrit, j’ai téléchargé le dossier et j’ai acheté un petit Moleskine avec un feutre pour y noter mes quelques idées.

Parce que ce blog aurait aussi pu s’appeler « Procastinationite.com (ça sera mieux demain, ou après demain) », au moment où j’aurais pu voire du commencer à me mettre derrière un ordi à tapoter sur Word, je n’ai rien fait.
C’était environ 5 jours après cet élan de motivation, plein de bonne volonté stakhanoviste.
J’avais pourtant tout pour commencer hein, que ce soit bien clair : les quelques règles du jeu, le joli calepin gribouillé de quelques idées bien posé à côté du lit des fois que pendant la nuit un éclair de génie surgisse entre 2 ronflements (tu sais, ces idées géniales sur le coup qui deviennent complètement nazes le matin venu), tout ça.
J’avais le sujet bien en main, y avait plus qu’à, comme on dit.

Je te passe les mois suivants, où je retombes parfois sur le calepin au hazard d’une session ménage, sur le mail avec le dossier d’inscription au détour d ‘une recherche quelconque ou encore sur un ami à qui j’aurais parlé de ce projet qui me demande où ça en est. Bref, tous ces moments culpabilisants (je suis très fort en self-culpabilisation, j’te dis) mais qu’en bon professionnel de la chose procastinatrice, je sais écarter d’un « j’ai encore le temps, ça va oh hein, c’est bon quoi ».

Le problème, c’est que la date du rendu, cette fourbe, elle ne bouge pas.
Enfin si, elle bouge, puisqu’ au moment où je me disais qu’il ne me restait plus que 15 jours et qu’il fallait que je m’y mette, j’ai reçu un mail de l’organisation m’indiquant que la date était décalée de 15 jours.
Si tu imagines que j’en ai profité pour prendre de l’avance sur mon retard (c’est un concept intéressant, tu en conviendras), je t’invites à relire le paragraphe précédent.

Au final, j’ai commencé à écrire ma nouvelle 7 jours avant la date du rendu.
Pour me rassurer, je me disais que c’était bon, j’avais tout, j’avais plus qu’à écrire, c’était bien clair dans ma tête, trop facile, je m’y mets et pif paf pouf en 2 jours on n’en parle plus.
Je décide donc de pourrir un week-end à ma douce en faisant l’autiste, bien calé sur mon petit bureau en bois avec cette petite lampe 70s que t’as vu j’ai trop l’air d’un écrivain quand j’ouvre Word et que je mets mes doigts sur les touches QSDF MLKJ, le casque sur les oreilles, l’objectif de 10 pages bien dans le viseur.

Là, je regarde le petit curseur clignoter, j’attends je sais pas trop quoi, comme si mes doigts allaient commencer à courir sur le clavier sous l’impulsion magique de ce truc mystérieux qu’on appelle l’inspiration.
Au bout de 2 minutes, je me dis qu’il faut que je me fasse un café (bah oui, le mug de café, c’est ça qui manquait à ma panoplie du parfait écrivain wanabe), que je choisisse une musique de circonstance et que  je checke une dernière fois Facebook et Twitter (vu que j’avais écrit que je commençais, on sait jamais, j’aurai pu avoir des messages d’encouragement quoi) et que je vérifie que l’interlettrage c’était bien 1,5 et que quand on dit X milliers de signes c’est bien espaces compris.
Une heure plus tard, ce fouttu curseur continue de clignoter, toujours aussi seul.
J’ai bien du commencer 10 embryons d’introduction et assomé autant de fois la touche « DEL » de mon index droit inquisiteur, mais concrètement, là, y a rien.
Deux heures plus tard, je fais le compte des gens à qui j’ai dit que je le faisais (et qui m’ont encouragé, les salauds), histoire de voir à quel point je perdrai la face si j’abandonnais.
Finalement, je  me lance dans une scéance d’auto flagellation et je me lance pour de vrai.
4 heures après, j’ai écrit une page, je la relis, la faire lire à ma douce, et je la jette (le truc pas cool avec l’édition moderne assistée par ordinateur, c’est qu’on perd le côté classe de la feuille froissée et jetée par dessus son épaule).
Le truc que j’avais en tête depuis le début ne fonctionne absolument pas, bien joué l’apprenti artiste.

J’en parle avec elle, et parce qu’elle est géniale, elle trouve un truc pas idiot du tout pour garder la thématique mais en faire un truc digeste.

Je m’y remets, et en 3 heures, je tombe en 7 pages les 3/4 de ma nouvelle, on relit et comme ils diraient du côté du Quebec, c’est pas si pire.
Le lendemain, je boucle une version beta destinée à quelques amis proches, quelques jours et quelques debriefs plus tard, je finis, j’imprime et j’envois.

C’est loin d’être génial, c’est archi perfectible, mais ça ira pour cette fois, de toute façon je n’avais plus le temps,  j’aurai toujours l’excuse du débutant (l’autre défaut majeur du procastinateur étant sa faculté à se trouver des excuses).

Ecrire une nouvelle, ça n’a rien à voir avec faire le guignol sur ce blog en quelques centaines de mots, une fois de temps en temps.
Ca m’a vraiment fait me sentir tout petit, avec un respect infini pour mes quelques connaissances auteurs de romans, de BD ou scénaristes. Spéciale dédicace aussi aux éditeurs, quand je vois la patience de celle qui partage ma vie alors que phrase après phrase, elle corrigeait mes fautes d’orthographe, de conjugaison, de grammaire et de sens (tu sais, ces trucs relous qu’on te saoule au collège avec), jusque tard dans la nuit parce que je n’avais pas été capable de m’y prendre un minimum à l’avance.

Oui, peut être que l’an prochain je participerai à nouveau, mais en attendant, je vais me contenter de t’abreuver toi un peu plus régulièrement, tout en faisant gaffe à tous ces trucs que j’ai appris ces 7 derniers jours sur le fait qu’écrire, c’était pas un métier pour rien.

Voir aussi :


1 Commentaire pour "Celui qui voulait écrire une nouvelle"

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novembre 2nd, 2010 à 11 h 01 min

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Parce que je suis un grand bavard tout seul dans ma tête, et qu'à la fin, j'en ai assez de me demander pourquoi.