Dans 10 ans, alors que finalement lassé de prospectivite, j’aurai laissé ce blog à l’abandon, le faisant fourmiller d’annonces Google et de publicité pour des régies douteuses histoire de m’offrir de temps en temps un paquet de cigarettes, certains curieux continueront cependant de tomber sur ce blog.
Ils attériront ici portés par une recherche quelconque, un lien trouvé au hazard, ou par je ne sais quel biais, du genre de ceux qui vous étonnent lorsque les soirs d’insomnies vous épluchez votre outil de stats.
Ils seront étonnés de voir à quel point j’y ai eu tord, à quel point je m’étais planté sur tel ou tel sujet, à quel point on pouvait être mal informé à notre époque, comme nous aujourd’hui quand on se fout de la gueule de ces couillons du moyen âge qui pensaient que la terre était plate.
Ils se demanderont aussi pourquoi le site n’est pas optimisé pour être visible sur ce nouveau support terriblement trendy et pratique que sont les lunettes PC, et se diront que ça devait être super galère de faire un site en HTML.
Ils seront sans doute étonnés par cet étrange langage avec des mots composés de voyelles et de consonnes et diaboliquement longs. Ils mettront autant de temps à déchiffrer les billets que nous à lire certains SMS, Twits ou status Facebook. Mais ça ne sera sans doute peu de choses comparées à la perte de temps que leur apparaitra le simple fait d’écrire sur un clavier, cette interface homme machine qu’on voit encore dans certains musées virtuels.
Moi je serai devenu un has been de 38 ans, à essayer de vendre mes vieux dispositifs hors d’âge, à essayer de comprendre quand et comment j’avais pu rater le coche d’une nouvelle révolution multimédia. Je me rappellerai le temps où j’avais l’impression d’être un pionnier. Incapable de comprendre le présent, je me réfugierai dans le passé, moi qui avait pendant quelques temps tant imaginé le futur.
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