Prospectivite

19 avr, 2011

Avant le Money Time (part 1)

Posté par: Guewen Dans : Allongé(e)s

On commence donc la publication en épisodes d’Allongé(e)s, si tu as raté la quatrième de couv, c’est ici.
Ca veut donc dire que le cycle infernal des publications hebdomadaires démarre, c’est limite effrayant, mais un peu excitant aussi.
Avant le Money Time donc, parte ouane comme disent les jeunes, ton esprit rapide comme le vent aura donc compris qu’il y aura une parte tou, et mon soucis d’en garder sous le pied m’oblige à te faire attendre quelques jours avant de t’en dire plus.
Si tout se passe bien, tu en auras  jusqu’à novembre, le tout  sans doute entrecoupé d’articles normaux plus ou moins réguliers, et il y aura même des passages participatifs (je t’avais déjà dit que faire du teasing était un principe de mon métier ?).
Allez, hop, à la s’maine prochaine.

1 heure 30 du matin, c’était l’heure de finir ce mojito dont la quantité de rhum était inversement proportionnelle au prix et filer à la crémaillère de ce couillon de Benjamin.
Kévin prit donc les devants, avala d’un trait, poussa un petit râle de contentement en regardant ses deux comparses et fit teinter le verre sur le zinc.
Comme il avait trouvé le plan pour ce soir, il indiqua à Julien que celle-ci serait pour lui.
-Je fournis les filles, tu fournis de quoi nous donner un peu de verve, cria t’il par dessus le mix electro de la sono.
-Avec ce que tu as pris, j’ai moins peur pour ta verve que pour ton élocution, ça fait déjà une heure que tu avales les voyelles, et tu attaques les consonnes, lui répondit Mathieu.

Ils quittèrent les lieux après avoir parcouru la salle à la recherche d’une demoiselle avec qui tenter leurs chances. Julien avait bien une touche avec la barmaid, mais il faudrait attendre la fermeture.
C’est toujours le problème avec ce genre de fille, on les embauche parce qu’elles sont jolies, à force de gérer des mecs éméchés, elles ont du répondant et pas mal d’humour, mais il faut une patience pas possible et un portefeuille bien rempli pour tenir jusqu’à la fin du service.
Et se rendre compte qu’elles sortent avec le videur.

Kévin leur fit un topo rapide.
Benjamin était en stage de fin d’étude à l’agence, il débarquait de son école de commerce nantaise et de chez ses parents où il avait du vivre toute sa vie, à part le stage en Erasmus de rigueur. Avec le minimum légal de son indemnité de stage, sa bourse et l’aide du paternel, il avait trouvé une coloc à 4 dans le fin fond du 19ème avec d’autres provinciaux venus chercher un beau nom de boite à mettre sur leurs CVs avant de se lancer dans le grand bain.
Ca promettait donc d’être plein de jeunes gens, et surtout de filles, évacuant les frustrations d’une semaine de dur labeur sous payée à grands renforts de vodka bon marché.

Le mois d’avril faisait fleurir les jupes et rendait les filles jolies. Toutes les filles.
Après un hiver de cols roulés et de jeans, revoir un peu de peau était un plaisir simple mais immense. Alors sur le chemin du metro, les trois garçons en profitaient.
Si l’habitude aurait voulu qu’ils spéculent sur le potentiel féminin de leur point de chute en s’énumérant les anciennes aventures qu’ils pourraient probablement y croiser, ce soir là sonnait comme le début d’une nouvelle saison, vierge, si l’on peut dire.

A cette heure ci, Kévin avait divisé la faune du métro en trois grandes catégories générationnelles.

Passés 35 ans, les parents ou grands parents s’en vont rejoindre leurs propriétés. S’ils prennent le métro, c’est uniquement parce qu’il y a trop de monde à la station de taxi.
Les plus jeunes ont tiré jusqu’au bout sur la ficelle de la tolérance parentale et rentrent à la maison. Ils s’accrochent à la bouteille en plastique contenant un mélange douteux comme à leur liberté, chaque goutte avalée avant le domicile familial ayant un parfum d’indépendance.
On pouvait les diviser en sous catégories tribales grâce à leurs accoutrements.
Les fans de hip hop, faisant grésiller leurs mobiles à grands coups de beats et de paroles issues d’un dictionnaire de rimes bon marché. Avec un peu de chance, ils croiseront un groupe de vrais banlieusards et gênés, un peu honteux d’être des faux, ils rentreront dans le rang.
Les « fraicheurs » à franges, qui feraient mieux de dépenser l’argent de papa dans un coiffeur plutôt que chez Sandro. On admirera sans doute la manière avec laquelle ils soignent leurs coupes de cheveux négligée en se regardant régulièrement dans la glace, histoire de remettre de travers une mèche trop docile.
Les émos, que seul un œil exercé saura dissocier des goths, qui feraient bien de sortir un peu de leur cave ou de manger 5 fruits et légumes par jour, tant ce teint livide est inquiétant.
En montant à Bastille, il était évident que Kévin et sa bande en croiseraient de ce genre là.

Là où ces deux premières catégories générationnelles rentrent à la maison, les vingtenaires comme eux ne font que commencer leurs périples nocturnes. Tout ce qui précédait ce dernier métro n’était qu’un échauffement avant la boite de nuit ou l’appartement qui les hébergerait jusqu’au lever du jour et la promesse d’une gueule de bois digne de ce nom.


Voir aussi :


1 Commentaire pour "Avant le Money Time (part 1)"

1 | Paul

avril 20th, 2011 à 0 h 14 min

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C’est parti ! C’est comme pour la gym suédoise : il suffit de prendre le rythme et après tu ne peux plus t’en passer.

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Prospectivite ?

Parce que je suis un grand bavard tout seul dans ma tête, et qu'à la fin, j'en ai assez de me demander pourquoi.